« Vous sentez le parfum de la victoire ? » : pour leur dernier meeting à Lille, des écolos convaincus qu’ils peuvent l’emporter 

Les écolos ont fait salle comble, ce mercredi 11 mars, à la salle du Gymnase, à quelques jours du premier tour. Une dernière réunion pour convaincre, et  présenter le vote pour la liste « Lille Demain » comme celui de la gauche utile, « positive », et enfin mettre un terme à plusieurs décennies de socialisme à la tête de la municipalité. Le candidat écolo, le conseiller d’opposition Stéphane Baly, compte prendre sa revanche sur 2020, après avoir raté l’élection de 227 voix seulement. 

Dans le public déjà convaincu, têtes blanches et électeurs trentenaires se côtoient. Sous leurs applaudissements, les colistiers et militants se succèdent en première partie de soirée, louant l’engagement et « l’éthique politique » de Stéphane Baly, « le futur maire de tous les Lillois, pas seulement celui de Lille-centre et des quartiers populaires ». Parmi ses soutiens, Julien Poix, ancienne tête de liste LFI pour la mairie de Lille en 2020, et qui a claqué la porte du mouvement insoumis il y a deux ans. 

Si le candidat des écolos est clairement identifié à Lille, il partagera – selon le découpage électoral de la ville – l’affiche avec Simon Jamelin, tête de liste à Hellemmes, et Claire Zytka-Taranto pour Lomme. « On va faire quelque chose qui n’a jamais existé : on sera trois maires écologistes et de gauche », se réjouit Simon Jamelin au pupitre. Et de rappeler que « dans un département qui envoie le plus de députés RN à l’Assemblée, nous avons le luxe de voter au premier tour pour la sensibilité de gauche qui nous ressemble » – les sondages donnent le maire sortant PS Arnaud Deslandes en tête, puis Stéphane Baly et la candidate LFI Lahouaria Addouche au coude-à-coude. 

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Les « stars » du parti en renfort

Passés ces propos introductifs, qui auront surtout permis de démontrer « la belle unité des Verts », en se remémorant chaque étape de la campagne, remerciant tantôt son voisin, tantôt le commerçant du coin, vient « l’heure des stars ». Par ordre d’apparition : Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis à l’étranger, Cyrielle Châtelain, présidente du groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, puis enfin la cheffe de file du parti, Marine Tondelier, « venue en voisine ». Revenant sur les violentes actions de l’extrême-droite ces dernières semaines dans la métropole lilloise, Mélanie Vogel place d’emblée l’écologie politique comme « la seule alternative face à la peste brune qui menace d’envahir la France ». « Si Lille devient écologiste, si Marseille reste à gauche, si Paris aussi : le message c’est que la France ne veut pas du Rassemblement national », martèle-t-elle au pupitre. 

Selon la sénatrice, l’enjeu du vote écolo à Lille est aussi celui de l’Europe : « C’est depuis les villes écologistes que le continent européen pourra progresser vers notre objectif climatique ». Le programme des Verts en ce sens propose d’instaurer une sécurité alimentaire, avec une cantine bio dès la crèche, ainsi qu’une « ordonnance verte » pour les femmes enceintes, soit une distribution de paniers de fruits bios chaque mois. Alliant écologie et mesures sociales, Cyrielle Châtelain rappelle quant à elle la promesse de « Demain Lille » d’une ville végétalisée, avec deux espaces verts par quartier pour « permettre aux corps qui subissent la chaleur de se reposer, parce que la chaleur tue, rend malade, et les premiers exposés sont les cuistots et les ouvriers du BTP ». 

« On n’aura besoin de s’allier avec personne car on sera devant »

« Vous sentez le parfum de victoire qui flotte dans la salle ? », embraye Marine Tondelier devant la foule. Pour la cheffe de file du parti de Stéphane Baly, rendre Lille écologiste serait un « sacré bouclier », face « aux politiques macronistes qui maltraitent ». Et permettrait de sortir la ville « de l’inertie politique » du socialisme, en poste depuis 70 ans. « On a bien compris qu’à gauche plus personne ne voulait travailler ensemble… mais on n’aura besoin de venir avec personne car on sera devant », tance l’élue d’opposition municipale d’Hénin-Beaumont, écartant la perspective d’une alliance au second tour avec un autre candidat. 

Avant de rendre le micro à Stéphane Baly, elle se permet un petit tacle à la majorité sortante : « Stéphane, vous avez été tellement solide sur vos dossiers, que la Ville vous les a récupérés pour les mettre dans son programme ». Après des effets de style et un enchaînement de bons mots, la prise de parole du candidat désigné, resté discret à son propre meeting, permet enfin d’entrer dans le concret des mesures portées par « Demain Lille ». 

« L’écologie municipale change la vie »

« Lille a besoin d’ouvrir un nouveau chapitre : et celui-ci ne viendra pas d’un énième socialiste, installé dans le fauteuil par précaution en mars dernier », commence le candidat de 53 ans. « Arnaud Deslandes court derrière nos idées pour en avoir », juge Stéphane Baly, rappelant entre autres que sa proposition d’une tarification par tranche sur le stationnement payant avait été jugée « impossible et démagogique » par la majorité, avant que cette dernière ne l’intègre à son programme. 

Le candidat écologiste détaille sa politique autour du logement, avec la généralisation d’un permis de louer pour lutter contre les marchands de sommeil, et un meilleur encadrement du parc locatif privé ainsi que des locaux commerciaux vacants. « A l’heure où trois Lillois sur quatre sont éligibles à un logement social, nous construirons des logements sans artificialiser les sols », affirme le conseiller d’opposition, qui prévoit lors de son mandat la construction de 2 000 logements avec loyer plafonné à 300 euros par mois. « L’écologie municipale améliore la ville, l’écologie municipale change la vie », abonde encore Stéphane Baly dans une formule savamment travaillée. 

Évoquant notamment la gratuité des bus dans son programme, il assure « vouloir mener une politique de justice sociale, garantissant à chacun des services publics dignes ». Et de conclure sobrement, sans appel aux urnes : « Je le ferai, quelle que soit la réponse de la métropole. Je suis fier de ce que j’ai fait avec la majorité municipale puis face à la majorité municipale, toujours au bénéfice de la ville »

Emilia Spada

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