« Un Everest politique » : qui pour contrer Steeve Briois, le maire RN d’Hénin-Beaumont ?

Une course à la mairie gagnée d’avance ? Élu en 2014 et réélu en 2020 dès le premier tour avec 74 % des voix, Steeve Briois, candidat RN, brigue un troisième mandat dans cette ville de 25 600 habitants du bassin minier du Pas-de-Calais. Face à lui, une gauche désunie : la socialiste Inès Taourit, et Houari Benhadja, candidat LFI.

Au pouvoir depuis douze ans dans une ville considérée comme la vitrine du parti à la flamme, Steeve Briois, 53 ans, ne compte pas passer la main. Après une réélection facile en 2020 avec 74 % des voix au premier tour, il vise un score similaire et a assuré à France 3 être « sûr de l’emporter ».

Le candidat RN mène sa campagne sans inquiétude particulière. Outre la proximité et la popularité dont il jouit, il estime avoir un très bon bilan qu’il n’hésite pas à mettre en valeur. « Nous avons recréé la piscine municipale et la salle des fêtes, nous avons investi sur le mandat 77 millions d’euros tout en diminuant les impôts et la dette de la ville », détaillait-il en février auprès d’ICI Nord.

Son programme « Avec vous depuis toujours » continue sur cette lancée. Il prévoit des rénovations de logements, la construction d’un complexe sportif de 5 000 m2, la création d’une base de loisirs en centre-ville et des travaux pour verdir la ville, notamment à la cité Foch. Il dit ne pas vouloir augmenter la fiscalité et souhaiter poursuivre l’installation de caméras de vidéosurveillance (une dizaine par an).

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Une gauche désunie

Le contexte national n’épargne pas les élections municipales. L’entente entre les partis de gauche, longtemps réunis au sein d’un collectif, n’a pas perduré. Rebaptisé Unis pour Hénin-Beaumont, le collectif compte des membres du PS, de Place publique, du PCF et des Écologistes mais pas de La France insoumise, écartée, qui a créé sa propre liste. Un choix dénoncé par LFI, et qui représente un risque : la division des votes entre les deux listes de gauche, ce qui affaiblit les chances d’un second tour.

À la tête de la liste du collectif de gauche, la socialiste Inès Taourit, une gendarme réserviste de 32 ans, juriste de formation, a été choisie pour remplacer Marine Tondelier. La cheffe de file des Écologistes préfère se concentrer sur la présidentielle de 2027. « Je ne reprends pas le flambeau », insiste Inès Taourit, élue depuis 2020. Elle se défend d’être une marionnette de Marine Tondelier, comme le clame Steeve Briois, son adversaire principal.

Pour l’élue d’opposition, l’enjeu est de taille : s’imposer comme une candidate crédible et indépendante, et faire vaciller Steeve Briois. Pour cela, elle compte changer la donne en encourageant les habitants d’Hénin-Beaumont à aller voter. En 2020, le taux d’abstention s’élevait à près de 55 %, sur fond de crise sanitaire du Covid-19. Steeve Briois n’a été réélu dès le premier tour « qu’avec 5 750 voix sur 17 832 inscrits », rappelle-t-elle dans un article d’ICI Nord. Elle souhaite également revenir sur la « privatisation » de nombreux services publics comme la crèche, la cantine scolaire ou la piscine, dont le prix d’entrée « a augmenté de 60 % ».

Même chose du côté de La France insoumise, dont la tête de liste Houari Benhadja promet de repasser la cantine en régie municipale et d’en garantir la gratuité pour tous. Âgé de 50 ans, ce père de trois enfants est candidat pour la première fois à une élection et il ne se fait pas d’illusion : « La victoire est vraiment très hypothétique. Je me bats pour essayer de l’emporter, mais en ayant conscience que nous avons à faire à un Everest politique ici », a-t-il reconnu au micro de France 3.

Ellyn Mainguy

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