Sylvain Estager, le candidat de la majorité sortante, arrive premier du scrutin avec 30,6 % des voix. La droite prend la seconde place, à 23,5 %, sans grande perspective pour le second tour. La France insoumise obtient un résultat en-deçà de ses attentes, avec 17,8 % des suffrages.
« Une sortie comme ça, ce n’est pas terrible », s’amuse, amer, Gérard Caudron, maire de Villeneuve-d’Ascq pendant 42 ans. Sans micro, sur une petite estrade bleu dans une salle de l’hôtel de ville, le maire historique de la ville, étiqueté divers gauche, délivre un de ses derniers discours à la tête de la ville. Sans être parvenu à assurer une transmission sereine du pouvoir. Son successeur désigné, Sylvain Estager, avec qui il a entretenu des relations tendues, arrive en tête du premier tour avec 30,6 % des voix. « C’est un bon score, même si on aurait aimé plus », affirme Sylvain Estager.
Les résultats du scrutin annoncent un entre-deux-tours agité. C’est la seule liste de droite parmi les sept qui concouraient, menée par Vincent Baledent, qui a obtenu la deuxième place, avec 23,5 % des voix. Un résultat solide, mais qui le tient éloigné de la mairie, car les alliances avec ce candidat de droite, également issu de la majorité, semblent difficiles. « Il ne sera pas maire », tranche Sylvain Estager.

Déception pour LFI et Ugo Bernalicis
L’un des plus grands déçus de la soirée est Ugo Bernalicis, député LFI de la deuxième circonscription du Nord. Sa liste, qui obtient 17,8 % des voix, arrive en troisième position. En-deçà de ses ambitions. « On ne peut pas dire que nous sommes satisfaits, lance Antoine Marszalek, troisième de la liste. Une grande partie de notre électorat est abstentionniste. Nous visions une participation de 65 %, qui nous aurait permis de faire un très bon résultat ». Mais elle n’a atteint que 51,9 %. Le résultat est loin de celui des législatives de 2024, où Ugo Bernalicis avait obtenu 43,6 % à Villeneuve-d’Ascq.
Dernière liste qui atteint la barre des 10 %, permettant de se maintenir au second tour : celle de Pauline Ségard, écologiste. Elle passe de justesse, avec 11,4 %. Ce résultat décevant est bien plus faible qu’il y a six ans (19,2 % au premier tour). « Ça prouve qu’on a un socle solide, affirme tout de même la tête de liste. Et surtout, le résultat de cette élection, c’est que 70 % des votants n’ont pas voulu de la liste issue de la majorité », celle de Sylvain Estager, dont Gérard Caudron est en cinquième position.
Puis viennent les perdants de la soirée. Le résultat était attendu pour Lutte ouvrière, qui obtient à peine plus d’1 % des voix. La liste citoyenne de Farid Oukaïd arrive en avant-dernière place, à 6,9 %. Victor Burette, candidat PS, avec 8,5 %, accuse le coup : « Je suis forcément un peu déçu, mais nous sommes fiers de notre campagne. Il n’y avait pas d’autres options que de faire cette liste. Je pense qu’il y a une voie pour un rassemblement de la gauche, hors LFI ».
Les Verts au centre du casse-tête des alliances
Sylvain Estager est en très bonne position pour l’emporter au second tour, mais le jeu d’alliance risque d’être très compliqué. La liste en tête espère une alliance avec le PS et les Verts, qui lui offrirait une large victoire. Du côté de LFI, on espère aussi fusionner avec la liste écologiste de Pauline Ségard : « On compte montrer aux gens qu’on a espoir de gagner, pour atteindre les 65 % de participation. Avec les voix de Farid Oukaïd, qui a pris ses voix dans notre électorat, et celles de Pauline Ségard, on pourrait l’emporter. »
Mais côté Ecologistes, rien n’est encore décidé. Les discussions commencent à être menées. « Nous ne fermons aucune porte », affirme Pauline Ségard. Donc ni celles de Sylvain Estager, ni celles de LFI. Le PS et Victor Burette refusent de s’allier à LFI, mais n’ont pas encore annoncé vouloir rejoindre la majorité sortante. La spécificité du scrutin municipal à Villeneuve-d’Ascq était la fragmentation de la gauche, qui comptait six listes sur sept. La réunion de la gauche, et des anciens de la majorité, sont les deux points qui détermineront l’issue du second tour.
Oscar Leroy

