Élu depuis 2001, Dominique Baert est à nouveau en lice pour le scrutin municipal des 15 et 22 mars. Cette année, l’ex-socialiste désormais isolé, a de quoi se faire du souci pour son fauteuil. Alors que l’union des gauches portée par Thierry Duel risque de lui coûter des voix, le Rassemblement national, dont l’implantation locale ne laisse plus planer l’ombre d’un doute, est entré dans la course.
Le Rassemblement national parviendra-t-il à s’emparer d’une nouvelle ville du Nord ? Lors des élections législatives de 2024, la région s’était vue submergée par une vague bleu marine. Wattrelos n’avait pas été épargnée. Dans la commune de 40 000 habitants, voisine de Roubaix, le candidat RN avait rassemblé plus de 51 % des voix. Deux ans plus tard, la marée continue de monter. Et Eddy Goedehaud, la tête de liste du parti lepéniste, espère bien améliorer les 20 % de son prédécesseur en 2020.
Si le maire sortant, Dominique Baert, a toujours remporté les élections haut la main, récoltant plus de 50 % des suffrages dès le premier tour, les résultats s’annoncent plus serrés cette année. Car, depuis que l’ancien baron socialiste s’est rallié au président de la République, sa famille politique l’a excommunié. Un sort qui lui a valu de siéger sous l’étiquette divers gauche depuis 2020, sans pour autant nuire à sa réélection. Cependant, depuis ses premiers pas à l’hôtel de ville, l’ancien député-maire séduit de moins en moins les Wattrelosiens. En 2001, il avait récolté plus de 70 % des voix au premier tour. Lors des dernières échéances municipales, il repassait à nouveau dès le premier tour, mais avec 51 % des suffrages exprimés « seulement ». Une baisse de popularité d’autant plus menaçante que les camps dont sont issus ses deux adversaires ont rassemblé plus de 75 % des votes aux législatives de 2024.
La gauche divisée
Ce danger, l’entourage de Dominique Baert en est conscient. Il y a six ans, Christophe Ricci avait démissionné de son mandat d’adjoint au maire pour briguer la mairie. L’initiative, récompensée par 20 % des voix et le siège de chef d’opposition – divers gauche – ne sera pas renouvelée cette année. Au contraire. L’ancien fidèle est rentré au bercail. Raison invoquée? Le Rassemblement national est trop fort, pas question de diviser les voix cette fois. Dominique Baert et ses amis ne sont pas rancuniers : l’ancien frondeur a dégoté la 3e position sur la liste. Siège garanti.
Il n’y a pas que le camp de Dominique Baert qui ait mis ses divergences de côté. Face à lui et à Eddy Goedehaud se présente une gauche rassemblée – ou presque. Le candidat LFI Thierry Duel a pris la tête d’une liste d’union inédite, sorte de nouveau front populaire à échelle locale, regroupant des insoumis, des socialistes, des communistes… Seule absente à la fête, Lutte ouvrière, dont la liste portée par Pierre Langlet avait déjà rassemblé 4,92 % des voix en 2020, et qui repart sous ses couleurs.
Si le baron wattrelosien est poussé à un 2e tour, une triangulaire est tout sauf exclue. L’une des clés du scrutin résidera dans la participation, notoirement en berne à Wattrelos. En 2020, dans le contexte certes exceptionnel de la pandémie de Covid-19, moins de 30 % des inscrits s’étaient déplacés.
Asia Dayan

