Dans la quatrième commune de la MEL, le second tour a respecté à la lettre les tendances fixées une semaine plus tôt. Sans surprise, Sylvain Estager, candidat désigné comme successeur à l’ancien maire, est élu avec 33,9 % des voix.
Après plus de quarante ans de règne, Gérard Caudron a remis ce dimanche les clés de la mairie de Villeneuve-d’Ascq à son dauphin Sylvain Estager, à l’issue du second tour des élections municipales. « Cette victoire est celle de la continuité, aujourd’hui, on veut défendre ce modèle qui s’est construit avec Gérard Caudron – ancien maire de la ville – comme chef d’orchestre », déclare Sylvain Estager, désormais maire de la quatrième ville de la Métropole européenne de Lille.
C’est dans une salle à moitié remplie, au premier étage de l’hôtel de ville, que le candidat de la majorité sortante a appris sa victoire. Le grand favori de cette élection la remporte avec 33,9 % des voix. Il est suivi de la liste divers droite menée par Vincent Baledent avec 25,6 % des voix, talonnée par celle du représentant de La France insoumise Ugo Bernalicis avec 22,5 % des voix. L’écologiste Pauline Ségard, à la tête d’une alliance de la gauche issue du premier tour, réalise un score de 17,9 %.
À l’annonce des résultats, pas de scènes de liesse, mais une forte émotion. « Cette semaine, on a perdu deux de nos candidates, Saliha et Maryse », entame le maire sortant Gérard Caudron. Aussitôt, un silence de plomb envahit la salle. « On ne s’imaginait pas être amenés à prendre la parole dans des conditions telles que celle-ci », commence Sylvain Estager. Fixé à son pupitre, les yeux humides, le nouveau maire commence son discours par un hommage pour les deux colistières décédées pendant cette dernière semaine de campagne. Les premiers applaudissements se font entendre, non pour l’élection mais pour célébrer la mémoire des deux disparus.
« On n’est pas une royauté, on n’a pas à laisser sa place »
« Il a fallu que Sylvain fasse ses preuves dans cette campagne. Il en avait la force, la capacité, l’intelligence, la volonté, et il l’a fait. On n’est pas une royauté, on n’a pas à laisser sa place », clame Gérard Caudron, quelques secondes après l’annonce des résultats. S’est ensuivi un discours aux allures de règlement de comptes. L’ancien maire n’a épargné aucun de ses concurrents avant de laisser la parole à son successeur.
« La démocratie a parlé ce soir », lance le candidat fraîchement élu. Ode à son mentor, remerciement à son équipe de campagne, engagements pour la ville… Sylvain Estager a tenu à mettre en avant dès sa première prise de parole « les valeurs de solidarité, de vivre-ensemble et d’écologie » plébiscitées par son électorat. Son fils, Ulysse, est particulièrement fier de son père, « ça fait plusieurs années qu’il charbonne à la mairie, être élu c’est ce qu’il mérite », sourit l’adolescent.
Coude-à-coude, la droite et la gauche radicale
La liste divers droite menée par Vincent Baledent remporte 25,6 % des suffrages, « un score dont on n’a pas à rougir, on est satisfaits, pour nous c’est une victoire », affirme le représentant de « la première force d’opposition de la majorité », contacté par téléphone. « On viendra défendre notre projet, nos idées », assure l’élu d’opposition.
Pour le candidat de La France insoumise, Ugo Bernalicis, ce second tour est avant tout « une leçon politique ». L’absence d’alliance avec le reste de la gauche semble lui laisser un goût amer. « Ils ont fait ça uniquement pour que nous ne gagnions pas », assure la tête de liste de Faisons mieux pour Villeneuve-d’Ascq. Dans son discours, le député de la deuxième circonscription du Nord partage son espoir de scores « colossaux » pour la France insoumise aux prochaines élections, notamment pour les présidentielles en 2027.
Un score en deçà des attentes pour Pauline Ségard et sa coalition de gauche
« La hiérarchie du premier tour a été respectée », confie Pauline Ségard, tête de liste de l’alliance le Printemps villeneuvois, avant d’ajouter : « On constate qu’une partie importante de nos électorats respectifs ne nous a pas suivis dans nos choix d’alliance. Notre volonté de remontada n’a clairement pas convaincu », explique la candidate. La liste menée par Pauline Ségard termine avec 17,9 %, un score décevant pour la coalition de gauche.
Pour rappel, après avoir refusé de s’allier à LFI, la liste socialiste menée par Victor Burette (avec 8,6 % des voix au premier tour) et celle de Farid Oukaïd (sans étiquette, avec 6,9 % des suffrages au premier tour) avaient finalement choisi de fusionner avec la liste de la candidate écologiste. Laissant LFI sur le carreau, un choix que la tête de liste ne regrette pas : « Force est de constater qu’un front anti-LFI se serait – comme à Lille – mis en place et je pense qu’on aurait perdu », commente la candidate écologiste.
Solenn Lecat et Kenza Lacheb

