A six jours du premier tour des élections municipales, La France insoumise tenait son dernier meeting de campagne à Lille ce lundi 9 mars en présence de ténors du mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon. Manuel Bompard, le coordinateur national, et Mathilde Panot, la cheffe de file des députés LFI à l’Assemblée nationale, étaient présents pour soutenir la candidature de Lahouaria Addouche dans la capitale des Flandres.
« Ce soir, nous réalisons une véritable démonstration de force. C’est un signal envoyé à tous les Lillois », se réjouit le député Aurélien Le Coq. Les partisans du mouvement insoumis ont répondu en masse à l’appel de Lahouaria Addouche de se rendre à ce dernier meeting de campagne au Bazaar Saint-So ce lundi 9 mars. Plus de 800 d’entre eux sont présents pour soutenir la candidature insoumise dans la capitale des Flandres. Les places assises s’arrachent entre les curieux.
Leur rêve : faire le grand chelem dans la métropole lilloise en s’emparant de Villeneuve-d’Ascq, de Lille, de Roubaix et de Tourcoing. Si à Roubaix, la candidature de David Guiraud est pleine de promesses, avec des résultats très favorables pour LFI lors des élections législatives de 2024, les insoumis partent de plus loin dans les trois autres villes. Et n’étaient arrivés que seconds lors des élections européennes il y a deux ans.
Ailleurs, les adhérents, plus terre à terre, visent plutôt la seconde place dimanche soir. Notamment à Lille, où le candidat PS, le maire sortant Arnaud Deslandes, fait figure de favori. « Au premier tour, l’objectif est d’être devant les écolos. Puis si on s’allie avec eux et rien ne pourra nous arrêter », énonce Tom, qui brandit fièrement la bannière violet et blanc de LFI.
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Panot, Bompard et Le Coq présents
A 18 ans, convaincu par le programme et les promesses de Lahouaria Addouche, il s’apprête à glisser pour la première fois un bulletin de la France insoumise dans l’urne. D’autres jeunes sont plus hésitants. A l’image de Charlotte, 26 ans. « Je suis là pour découvrir ce qu’ils ont à nous proposer. Ce qui est concret, tangible ».

Pour convaincre les indécis comme Charlotte, les insoumis ont fait appel à des figures nationales du mouvement : Aurélien Le Coq, député du Nord, Mathilde Panot, chef de file de LFI à l’Assemblée, et Manuel Bompard, le coordinateur national du mouvement. De quoi ravir certains militants de la première heure comme Francis, 62 ans. « Ça nous ouvre l’esprit d’écouter Bompard, Panot. Ce sont des gens formidables qui partagent les mêmes idées », affirme-t-il.
Autre enjeu pour les cadres de la France insoumise, convaincre les abstentionnistes dans une commune qui avait atteint un taux record de 68 % en 2020, lors d’un scrutin percuté par la crise sanitaire. « Il faut aller partout dans chaque ville pour les convaincre de voter au premier tour », exhorte Manuel Bompard en insistant sur les thématiques nationales chères à l’électorat insoumis.
Un meeting sans accroc
Enjeux géopolitiques, avec les guerres en Iran, au Liban ou à Gaza, mais aussi sociaux, écologiques et économiques sont au cœur de la rhétorique des orateurs du soir. Le thème central : la sécurité et la protection lors des meetings de la formation politique classée à l’extrême gauche par le ministère de l’Intérieur. Vendredi 6 mars, une réunion tenue par le maire sortant insoumis de Faches-Thumesnil, Patrick Proisy, avait été perturbée par des membres de Nouvelle Droite.

Des actions de groupes extrémistes qui inquiètent certains militants. « Ce serait prévisible qu’on vienne nous emmerder, mais là on était bien protégés », constate Tom. Un camion des forces de police a été déployé à l’entrée du meeting et un service d’ordre massif a été mis en place. « J’avais peur hier, je me suis dit qu’en venant avec mes amis ça serait plus facile », abonde Charlotte.
Plus de peur que de mal, le meeting s’est déroulé sans accroc, aux cris de« Siamo tutti antifascisti » et « No pasarán ». Surtout après l’annonce de Patrick Proisy de créer un réseau de communes antiracistes et antifascistes. Une actualité nationale et internationale qui a relégué les questions purement locales au second plan.
Des enjeux locaux à la marge
Ni Manuel Bompard, ni Mathilde Panot n’ont évoqué en détail les promesses de campagne de Lahouaria Addouche. Aurélien Le Coq s’est contenté, lui, d’aborder la place du sport dans la commune et la nécessité de déboulonner la statue de Louis Faidherbe, général et homme politique français fustigé pour son rôle dans la colonisation.
Du côté de la candidate insoumise à Lille, les promesses de campagne, comme la gratuité de la cantine scolaire ou des transports, ou comme un plan massif en faveur du logement, sont vite expédiées pour se focaliser sur la stratégie politique. « Notre adversaire, c’est la droite et l’extrême droite. Si nous sommes en tête, je tendrai la main aux écolos, au PS. Rien n’est écrit à l’avance », rappelle Lahouaria Addouche.
Des discours qui ont ravi Dabia et Alain. « C’est un programme novateur qui répond aux besoins des gens. Si on est majoritaires au niveau de la métropole, ça changerait beaucoup de choses dans la communauté urbaine », soulignent-ils. Il reste cinq jours à LFI pour poursuivre sur la lancée de ce dernier meeting à Saint-So. Car comme le dit Mathilde Panot, « chaque voix va compter ».
Yohan Mouchon

