Fabien Roussel réélu dès le premier tour à Saint-Amand-les-Eaux

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) a été reconduit par les Amandinois, avec 51 % des voix. Un soulagement pour celui qui avait été sèchement battu aux élections législatives de 2024 dans sa circonscription du Nord.

Quand Fabien Roussel grimpe sur l’estrade du bureau central de vote de l’espace Jean-Ferrat, à Saint-Amand-les-Eaux, ses soutiens ont déjà le sourire. Il est un peu plus de 20 h et le maire annonce, souriant, sa propre réélection. Sifflements et applaudissements saluent les 51 % des voix remportés par la liste du secrétaire national du Parti communiste français (PCF) dans la commune du Nord de 16 000 habitants. 

« Je salue le débat démocratique qui s’est déroulé à Saint-Amand. Dans la période difficile que nous traversons, le sens du débat, du dialogue et du respect doivent perdurer », a affirmé le maire réélu, s’engageant à travailler en bonne intelligence avec l’opposition.

Les acclamations des militants ont des airs de soulagement. Les visages des soutiens au candidat, venus nombreux, n’ont commencé à se décrisper qu’à l’annonce des résultats des premiers bureaux de vote. Moins de deux ans après la victoire de l’extrême droite aux élections législatives dans la circonscription, le doute planait dans les têtes des électeurs de gauche. En 2024, Fabien Roussel avait été battu par le jeune candidat du Rassemblement national (RN) Guillaume Florquin dès le premier tour. « Je ne sais pas si j’arriverais à continuer à respirer normalement si le RN prenait le pouvoir à Saint-Amand », confiait avec gravité Yves, enseignant à la retraite, en arrivant au bureau en début de soirée.

Un ancrage historique de la gauche

Mais à Saint-Amand-les-Eaux, les communistes sont installés depuis 1995 et les votants ont majoritairement fait le choix de la continuité. Alain Bocquet, le maire précédent, qui a laissé son siège à Fabien Roussel qu’en janvier 2025, a régné pendant 30 ans sur la cité thermale. Le proche de Georges Marchais a laissé une empreinte forte dans la commune. « Alain Bocquet était un très bon maire et j’ai voté pour son successeur pour que leur action se poursuive, donc je suis très contente que Fabien Roussel passe dès le premier tour », se réjouit Françoise, qui tenait un commerce en centre-ville de la commune avant de prendre sa retraite, et qui est venue assister au dépouillement.

Les soutiens des autres candidats sont rares dans la salle polyvalente. La liste de l’extrême droite, portée par Eric Castelain, arrive finalement troisième, avec 22,9 % des voix, derrière la liste citoyenne menée par l’ancien communiste dissident Eric Renaud, à 26 %. Les deux candidats ont félicité Fabien Roussel et reconnu sa victoire. La participation s’est établie à 58 % dans la commune, 10 points au-dessus de la moyenne nationale.

Après son échec aux élections législatives, l’enjeu était de taille pour l’ancien candidat à la présidentielle, qui ne se projette pas pour autant dans un nouveau scrutin national. « Aujourd’hui, il y a une crise terrible avec une guerre qui se propage au Moyen-Orient, et ce qui compte c’est créer les conditions dans nos communes pour protéger les habitants, protéger leur pouvoir d’achat, protéger les services publics », déclare Fabien Roussel. Le communiste avait annoncé lors de sa campagne qu’il souhaitait « rester pleinement le maire [des Amandinois] pendant tout le prochain mandat ».

Astrid Bulot

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