Dans la quatrième commune de la MEL, la gauche divisée présente trois listes concurrentes. La majorité sortante, arrivée en tête au premier tour, prône la continuité, mais les alliances d’entre-deux-tours pourraient rebattre les cartes.
Pour les Villeneuvois et les Villeneuvoises, ce deuxième tour sonnera à coup sûr la fin d’une ère. Après 40 ans de règne, Gérard Caudron confiera-t-il les clés de la mairie à son dauphin Sylvain Estager ? Arrivé en tête des scrutins du premier tour avec 30,6 % des voix, l’actuel adjoint au maire chargé des finances a raflé la mise et se lance en favori dans la course du deuxième tour, le dimanche 22 mars. Le candidat revendique un « socialisme municipal hors partis très teinté d’écologie » auprès d’Ici Nord et promet de poursuivre l’héritage du maire sortant.
La liste divers droite de Vincent Baledent s’est classée deuxième avec 23,5 % des suffrages. Cependant, son isolement et l’absence d’alliances pour le second tour rendent peu probables ses perspectives de victoire. Au premier tour, la liste Baledent était suivie de près par Ugo Bernalicis, tête de liste pour la France insoumise, avec 17,8 % des suffrages, un résultat loin de celui des législatives de 2024, où il avait obtenu 43,6 % à Villeneuve-d’Ascq en tant que représentant du Nouveau front populaire. Dernière à se qualifier de justesse pour ce second tour, Pauline Ségard, la candidate écologiste, clôture cette quadrangulaire avec 11,4 % des suffrages exprimés.
Une fusion stratégique pour les 4ᵉ, 5ᵉ et 6ᵉ du premier tour
La victoire semblait presque acquise à l’héritier de la majorité sortante, mais le jeu des alliances de l’entre-deux-tours a redistribué les cartes. Si la liste de La France insoumise espérait une fusion avec la liste de Pauline Ségard, la majorité sortante espérait, elle, conquérir le soutien du Parti socialiste et celui de la liste de Victor Burette.
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Courtisée de part et d’autre, Pauline Ségard avait affirmé, dès le début des négociations, « ne fermer aucune porte ». Après avoir refusé de s’allier à LFI, la liste socialiste menée par Victor Burette (avec 8,6 % des voix) et celle de Farid Oukaïd (sans étiquette, avec 6,9 % des suffrages) ont finalement choisi de fusionner avec la liste de la candidate écologiste. « C’est un pari, a reconnu Pauline Ségard. On mise sur une dynamique créée par notre rassemblement.» Les deux candidats sont désormais respectivement 2ᵉ et 4ᵉ sur sa liste.
Pas d’alliance avec LFI, un atout de taille pour Sylvain Estager
Si Pauline Ségard s’était montrée ouverte à une alliance avec La France insoumise avant le premier tour, la décision collégiale du mouvement n’a finalement pas inclus le parti de gauche radicale. Un « scandale démocratique » pour le troisième de la liste insoumise, Antoine Marszalek.
L’alliance partielle de la gauche pour ce second scrutin profite surtout au candidat de la majorité sortante, Sylvain Estager. Du haut de ses 30,6 % au premier tour, il ne semble pas devoir être inquiété par les 26,9 % cumulés de ses concurrents à gauche hors LFI… Sauf si des électeurs du parti mélenchoniste choisissent cette fois l’alliance de la gauche, pour mettre fin à l’ère Gérard Caudron.
Solenn Lecat, Kenza Lacheb et Axel Favrot (infographie)

