À Lille, l’écologiste Stéphane Baly rejoint le socialiste Arnaud Deslandes, les insoumis isolés

Ecologistes et socialistes, ensemble. Stéphane Baly et Arnaud Deslandes ont annoncé avoir trouvé un accord d’union en vue du deuxième tour à Lille, ce lundi vers 18 h. Le candidat écologiste, arrivé 3e dimanche, a finalement choisi de s’unir avec le maire sortant PS, Arnaud Deslandes. Dimanche prochain, le PS et les Verts affronteront ensemble l’insoumise Lahouaria Addouche pour le contrôle de Lille.

Six ans après avoir frôlé la victoire face à Martine Aubry, échouant à 227 voix près, l’écologiste Stéphane Baly a annoncé rejoindre la liste d’Arnaud Deslandes (PS) pour le second tour, ce lundi soir. Celui qui a été élu d’opposition écologiste pendant 6 ans va donc rejoindre la majorité s’il l’emporte dimanche.

Il rêvait de faire basculer la capitale des Flandres dans le giron vert, mais a perdu la bataille des gauches en finissant troisième du premier tour (17,7 %) à un peu plus de huit points du maire sortant socialiste (26,3 %) et cinq de la candidate insoumise Lahouaria Addouche (23,4 %).

Une défaite en demi-teinte puisque le candidat vert s’est retrouvé en position de faiseur de roi et a choisi de s’unir avec le PS. Une alliance qui donne un avantage certain au Parti socialiste dimanche prochain. Les candidats du centre (Violette Spillebout, 11,1 %) et de droite (Louis Delemer, 8,5 %) arrivés quatrième et sixième du premier tour, attendaient une main tendue d’Arnaud Deslandes. L’attente risque d’être longue.

Arnaud Deslandes rassuré

Du côté insoumis, les chances de triompher le 22 mars prochain reposaient essentiellement sur une alliance avec Stéphane Baly. Les 23,4 % des suffrages récoltés lors du premier tour ne suffisant pas pour l’emporter. Si le mouvement a tenté de séduire les écologistes toute la journée de lundi, en promettant par exemple une répartition paritaire des sièges, cela n’a pas suffi. « Les Ecologistes ont préféré piétiner le vote populaire et monter à bord du Titanic socialiste », attaque La France insoumise dans un communiqué de réaction à l’annonce.

Le mouvement insoumis s’emporte : « Nous ne comprenons pas ce choix en complète contradiction avec les six années dans l’opposition de Stéphane Baly et sa campagne intransigeante du premier tour. Comment, d’appel à la rupture, en est-il venu à épouser la continuité ? »

Un équilibre des forces garanti dans la future majorité

Pour les Verts, Stéphane Baly avait annoncé dès dimanche que le bal des négociations avec les autres partis de gauche avait commencé. « Je le dis avec lucidité : nous discuterons avec les autres forces de gauche sur une alliance. Je vous donne rendez-vous mardi soir (date limite à laquelle les listes peuvent fusionner, NDLR) », a déclaré le candidat avant d’être acclamé par les militants réunis. 

À peine la fièvre de la soirée électorale retombée, les différents acteurs se sont réunis dans un lieu tenu secret. À 8 h 30 ce lundi 16 mars, la liste de Stéphane Baly déclarait par communiqué avoir « avancé plusieurs propositions constructives aux partenaires tout au long de la nuit. Malgré la longueur des discussions, elles n’ont pas pu aboutir pour le moment ». Il a finalement fait le choix de s’allier aux socialistes en arguant : « L’une des conditions fondamentales pour une alliance avec la liste menée par Arnaud Deslandes était la garantie d’un équilibre des forces au sein d’une majorité plurielle, affirment les Verts dans leur communiqué. Nous avons la possibilité d’apporter une nouvelle dynamique de gauche et écologiste et de porter haut les aspirations des Lillois et des Lilloises ».

Vincent Brunet et Yohan Mouchon

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