À Lille, Deslandes (PS) et Addouche (LFI) devant, Baly en faiseur de roi

Le maire sortant, Arnaud Deslandes, sort en tête du premier tour du scrutin, talonné par la candidate insoumise Lahouaria Addouche. Stéphane Baly arrive troisième, avec un score décevant, mais devient l’arbitre du second tour.

Retournement de situation à gauche. Alors que les sondages laissaient entendre que les écologistes et les insoumis seraient au coude-à-coude sur la deuxième marche du podium derrière le socialiste Arnaud Deslandes dimanche soir, Lahouaria Addouche (LFI) s’est démarquée et représente une menace sérieuse pour les socialistes. L’incertitude est le maître mot de cette première soirée électorale.

Des résultats inattendus et la déception des Verts

Le parti de Jean-Luc Mélenchon a obtenu 23,4 % des voix, juste après le PS qui arrive en tête avec 26,3 %. Pour les Ecologistes qui n’étaient qu’à 227 voix de la mairie en 2020, c’est la douche froide. La liste verte « Lille Demain » n’a obtenu que 17,8 % des suffrages. Violette Spillebout (Renaissance) arrive ensuite avec un score de 11,1 %, suivie du RN qui obtient 10,9 % des voix et de la liste des Républicains (8,5 %). Ils seront donc cinq à se maintenir au second tour.

Au quartier général des Verts, les militants ont acclamé leur candidat, Stéphane Baly, sans masquer leur déception. « C’est forcément une déception, ce n’est pas ce qu’on attendait mais au moins la gauche est au second tour », se console Efe, étudiante en Sciences politiques à Lille et militante à l’Après. « Le score de ce soir nous permet de nous maintenir, a déclaré Stéphane Baly devant les militants écologistes. Il nous oblige. Dix mille Lillois se sont retrouvés dans les propositions qu’on a portées. Elles doivent être entendues. Une grande majorité d’électeurs et d’électrices ont exprimé leur besoin d’un grand parc à Saint-Sauveur. Ils attendent du renouveau démocratique. »

« Je le dis avec lucidité : nous discuterons avec les autres forces de gauche sur une alliance. Je vous donne rendez-vous mardi soir (date limite à laquelle les listes peuvent fusionner, NDLR) », a-t-il ajouté avant d’être acclamé par les militants réunis. Tout l’enjeu du second tour réside dans cette question : avec quelle liste de gauche les Écologistes accepteront de fusionner ? Leur poids fera indubitablement basculer le résultat du scrutin. Les premières négociations auront lieu cette nuit dans un lieu tenu secret.

Qui fera alliance avec les Écologistes ?

 « Je suis très confiant », a assuré Arnaud Deslandes (PS) à la suite de l’annonce des résultats à l’hôtel de ville. L’héritier de Martine Aubry persiste et signe : à l’inverse de l’ancienne édile qui avait refusé l’alliance avec les Ecologistes au second tour en 2020, il tendra la main à Stéphane Baly. « Les convergences entre nos programmes sont nombreuses et nous partageons un socle de valeurs pour Lille : Stéphane Baly le sait. Nous en parlerons ce soir avec un seul objectif : construire le meilleur programme pour Lille. »

Dans le sud de Lille, les militants de La France insoumise exultent. Lahouaria Addouche déclare sous les applaudissements : « Dans une semaine, la nouvelle France rentre au beffroi ». L’appel à Stéphane Baly à se joindre à LFI est lancé, des réunions sont déjà planifiées, a annoncé le député insoumis Aurélien Le Coq. « Le peuple s’est exprimé et le 22 mars, le peuple va gagner », a conclu la candidate avant de s’éclipser pour rencontrer ses adversaires et futurs alliés.

La droite en queue de peloton

Du côté du parti présidentiel, Violette Spillebout, malgré un score en berne, reste confiante : « Nous représentons ce soir, pour le deuxième tour de l’élection municipale à Lille, les modérés, les responsables, ceux qui portent des valeurs républicaines ». Si elle reste lucide et comprend que sa liste « ne sera pas en capacité de gagner Lille », elle assure qu’elle écoutera « attentivement les choix que vont faire les candidats de gauche, les choix de coalition programmatique, les choix d’alliance ».

Une coalition de la députée Renaissance avec la liste de droite, portée par Louis Delemer (LR), et la liste d’extrême droite de Matthieu Valet (RN), semble peu probable. Son objectif ? « Porter l’ouverture vers une potentielle coalition avec le candidat qui permettra d’éviter que la France insoumise dirige Lille demain. »

Les résultats inattendus de cette élection rebattent les cartes : à ce stade, tout est possible. Le beffroi lillois pourrait bien échapper aux socialistes pour la première fois en plus de 50 ans si insoumis et écologistes décident d’unir leurs forces contre la lignée de Pierre Mauroy.

Alice Clavier, Margot Denis et Alice Gosselin

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