À Faches-Thumesnil, le grand test pour les insoumis

Dirigée par la droite pendant près de vingt ans, avant de basculer à gauche en 2020, Faches-Thumesnil aborde les municipales dans un climat politique tendu. Entre bilan contesté du maire sortant, volonté de reconquête de la droite et émergence d’une liste sans étiquette, le résultat du scrutin est incertain.

Lorsque les résultats de Faches-Thumesnil tombent, le 15 mars 2020, leur retentissement dépasse la seule politique locale de cette commune de 18 000 habitants. Avec l’élection de Patrick Proisy, Faches-Thumesnil devient la plus grande ville dirigée par un élu du parti de La France insoumise. Loin d’être une évidence, cette conquête du parti mélenchoniste intervient alors après vingt ans de gouvernance à droite pour la mairie.

Dans cette ville qui vote souvent à gauche aux élections nationales, aux législatives de 2024, le député LFI, Aurélien Le Coq est arrivé en tête du premier tour avec 35,5 % des suffrages exprimés dans la ville. 

Lors du scrutin du 15 mars prochain, la bataille ne sera pas un simple match retour entre une liste de droite et une de gauche, car ce sont trois listes qui se disputeront la place. C’est la première fois, depuis 2014, que les électeurs auront le choix entre trois candidats. 

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Trois listes en lice

Le maire sortant, Patrick Proisy, souhaite maintenir le parti mélenchoniste à la tête de la ville. En 2020, il l’avait emporté dès le premier tour (avec 53 % des suffrages exprimés) avec une liste d’union de la gauche, aux élections de 2020. Cette année, il se présente uniquement sous l’étiquette de La France insoumise. Il souhaite poursuivre les projets en cours, comme celui de la création d’une maison médicale, place Victor-Hugo. 

Face à lui, la droite espère reconquérir la mairie. Brice Lauret, ancien candidat Les Républicains aux législatives de 2024, porte une liste divers droite. Dans son programme, il met l’accent sur la sécurité, qui est, selon lui, « le premier défi de Faches-Thumesnil ». Il souhaite installer une centaine de caméras supplémentaires et recruter huit policiers municipaux.

La troisième liste candidate se présente comme « une liste citoyenne, apolitique et indépendante ». Sa tête de liste, Jean‑Marc Levillain, est connu dans la ville pour son engagement associatif. Dans son programme, il met en avant les questions de sécurité de finance. 

La campagne pour ces élections municipales a été récemment perturbée. Le dernier meeting politique de Patrick Proisy, le vendredi 6 mars, a été interrompu par plusieurs personnes cagoulées, dont des membres du groupe d’extrême droite identitaire la Nouvelle droite, munies de pancartes portant des messages tels que « LFI hors de nos mairies ». Ils ont ensuite jeté du faux sang et de la farine sur les personnes présentes dans la salle. Après l’intervention de la police, le meeting a pu reprendre. Bien qu’il n’y ait pas eu de blessé, cet épisode symbolise les tensions du climat politique local.

Elléa Monnier-Ragaigne

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