À Béthune, le maire sortant Olivier Gacquerre brigue un troisième mandat face à trois listes

Après avoir remporté les deux dernières élections municipales, le maire sortant Olivier Gacquerre se relance dans la course face à son principal rival, Alexandre Maeseele, tête de liste du Rassemblement National. Deux autres listes de gauche se présenteront, portées par Brigitte Helle et Virginie Capelle.

Le maire sortant UDI Olivier Gacquerre se relance dans la course pour un troisième mandat face à son principal rival, Alexandre Maeseele, tête de liste du Rassemblement national. Deux autres listes de gauche se présenteront, portées par Brigitte Helle et Virginie Capelle.

Un troisième mandat qui sera le dernier ? C’est la promesse faite par Olivier Gacquerre, maire sortant de Béthune, pour ces prochaines élections municipales. Alors que la gauche y régnait en maître depuis 37 ans, le candidat affilié à l’UDI (Union des démocrates et indépendants) a fait basculer la septième ville la plus peuplée du Pas-de-Calais (25 224 habitants) à droite en 2014. Son alliance avec Pierre-Emmanuel Gibson (Les Républicains) a su convaincre les électeurs face à une gauche désunie. Comme en 2020, où il a remporté les élections dès le premier tour (62% des voix), l’édile sera opposé à la tête de liste du Rassemblement national, Alexandre Maeseele. Deux listes de gauche seront portées par Brigitte Helle et Virginie Capelle.

Dans son bilan, Olivier Gacquerre défend la « réalisation de 92 % des projets municipaux de son dernier mandat » avec la rénovation de quartiers, comme celui de la gare, et la création de logements. Le sujet de la sécurité a été un point clé des six dernières années avec la mise en place d’un dispositif antifraude pour lutter contre les commerces illégaux. Autre élément notable, la police municipale a été armée après une concertation citoyenne lancée en 2023 et le Centre de supervision urbain de Béthune a été doté de plus de 400 caméras de surveillance. Olivier Gacquerre souhaite continuer sur cette voie en installant 100 caméras supplémentaires et en créant une nouvelle brigade de police municipale contre les incivilités routières. Il met en avant d’autres enjeux, comme ceux de la santé et de la fiscalité, avec la création d’une permanence de médecins généralistes dans le quartier populaire du Mont-Liébaut et la promesse de ne pas augmenter la taxe foncière. Ce troisième mandat doit être l’occasion pour le maire sortant de terminer ses projets (création de la Cité de la musique et de la danse, par exemple) avant de passer la main à son premier adjoint Pierre-Emmanuel Gibson.

Le maire sortant Olivier Gacquerre avec sa liste Proche de vous, fort ensemble. CP : Équipe de campagne Olivier Gacquerre

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Le Rassemblement national en embuscade

Face à lui, la tête de liste du Rassemblement national, Alexandre Maeseele, sera son principal rival. Déjà candidat en 2020, le conseiller municipal d’opposition, alors âgé de 22 ans, avait récolté 7 % des voix. Pour sa deuxième candidature, il compte surfer sur les bons scores du Rassemblement national aux dernières législatives sur le territoire (48,8 % des suffrages au premier tour). Alexandre Maeseele affiche un « atout » avec la députée de la 9e circonscription, Caroline Parmentier, comme colistière.

Alexandre Maeseele, tête de liste du Rassemblement national en campagne à Béthune. CP : Alexandre Maeseele

Sans grande surprise, la tranquillité publique fait partie des priorités du candidat RN, qui dénonce une insécurité grandissante à Béthune. Il met l’accent sur le renforcement de la police municipale, qu’il souhaite mieux équiper, sur la création de patrouilles dans les quartiers et sur le développement de la vidéosurveillance. Alexandre Maeseele fait aussi de la fiscalité une priorité et annonce un audit des finances publiques afin de réaliser des économies. Concernant le pouvoir d’achat des habitants, il affirme vouloir geler le taux d’imposition et faire baisser la taxe foncière.

Une gauche qui ne s’entend pas

Du côté de la gauche, deux listes sont en lice, symbole d’une désunion persistante. Virginie Capelle, divers gauche, place au centre de son programme la démocratie participative avec la volonté de recréer du lien entre la population et les élus politiques. La conseillère municipale d’opposition et travailleuse sociale mène une équipe « de toutes les opinions de gauche » et se présente sans étiquette. Elle veut créer des conseils de quartier et un passeport citoyen pour inciter les jeunes à créer du lien social.

Virginie Capelle, tête de liste de Mieux, autrement, ensemble pour Béthune. CP : « Mieux, autrement, ensemble pour Béthune ».

Soutenue par le Parti socialiste, les Écologistes et le Mouvement des citoyens, la conseillère d’opposition sortante Brigitte Helle est à la tête de la liste « Béthune verte et humaine » avec Vincent Lesparre en colistier. Après avoir récolté 6,8 % de voix en 2020 avec son binôme de l’époque Yvon Bultel (il a retiré sa candidature pour 2026), la candidate militant pour la circulation à vélo espère empêcher le RN de prendre la mairie. Elle dénonce l’urbanisation de Béthune et les mesures jugées dérisoires du maire sur le plan écologique. L’objectif affiché est d’affirmer la transition écologique de la ville pour faire face au dérèglement climatique (suppression des îlots de chaleur urbains, adaptation des logements face à la canicule…) tout en accordant une place prioritaire à la jeunesse (création d’un dispositif de formation et d’emploi pour les femmes et jeunes des quartiers défavorisés).

Au total, quatre listes s’affronteront au premier tour des municipales, soit une de moins qu’en 2020. Si la municipalité à Béthune reste toujours convoitée, Olivier Gacquerre part favori pour sécuriser sa place à la tête de la sous-préfecture du bassin minier.

Laure Morineau

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