Le scrutin de ce dimanche 15 mars dans la ville d’Arras verra s’affronter deux listes de gauche, une d’extrême droite, une d’extrême gauche et celle menée par le maire centriste sortant, en poste depuis 2014 et grand favori, Frédéric Leturque.
Cinq listes sont en lice pour les élections municipales d’Arras ce 15 mars, mais Frédéric Leturque, 57 ans, reste le grand favori. Le maire sortant vise un troisième succès dès le premier tour. La préfecture du Pas-de-Calais, 43 000 habitants, est historiquement dirigée par un maire centriste depuis 30 ans.
Après avoir recueilli 56 % des suffrages en 2014 et 2020, malgré une abstention record de 64 % dans le contexte de crise sanitaire, le centriste propose un programme bâti « avec les Arrageois » lors d’ateliers menés à l’automne 2025 (3 000 contributions d’habitants), et une liste renouvelée d’un tiers.
Le projet « Arras avec vous » propose 75 engagements autour de cinq thématiques, « basées sur la volonté de maîtriser les taux d’imposition et de protéger [la] qualité de vie » des Arrageois, indique la profession de foi. L’édile veut notamment préserver un tissu commercial attractif, enjeu majeur des ces élections, végétaliser et égayer les cours d’école pour favoriser l’épanouissement des enfants, ou encore créer une brigade anti-incivilités. Sans compter les projets déjà engagés, à l’image de la rénovation de l’abbaye Saint-Vaast, vivement critiquée par les oppositions.
La gauche unie sans LFI
Avec l’objectif d’atteindre le second tour, le Parti socialiste et les Ecologistes, 9,5 % et 16,6 % des voix en 2020, ont choisi de s’unir dans une coalition nommée le « Printemps arrageois ». À sa tête, Antoine Détourné, 44 ans, élu d’opposition à la mairie d’Arras depuis 2014. Le numéro 2 de l’Alliance de la gauche en 2014 (16 % des voix), mène la coalition qui n’est pas « une candidature de témoignage », confie le candidat à la Voix du Nord. L’ambition est la victoire, mais un second tour constituerait déjà un succès significatif pour l’opposition face à la majorité centriste, réélue au premier tour sans interruption depuis 2001.

Regroupant neuf coalitions politiques, le « Printemps arrageois » milite pour un programme dont l’ambition est un virage social et écologique (autour de thèmes comme la nature en ville, la santé, l’éducation…). Il s’oppose notamment au projet de création d’un hôtel de luxe à l’abbaye Saint-Vaast.
« Arras à gauche », la liste signée LFI
Ambition similaire, liste différente. La France insoumise (4,3 % des voix en 2020) propose sa liste et son programme intitulés « Arras à gauche » pour porter « un programme de rupture écologique, sociale et solidaire ». Ce dernier se compose d’un mixte des mesures nationales du parti insoumis adaptées au territoire et d’idées des sessions de travail avec la gauche l’été dernier, lorsqu’une alliance était encore « envisagée », indique La Voix du Nord. « À la rentrée, il n’était plus question de partir avec nous, ou alors cachés tout au fond d’une liste, donc on part seul, mais ce n’était pas notre volonté première », a regretté la tête de liste, Yannick Kremer, sur France Bleu Nord. La gratuité des bus et la création d’un restaurant muninipal figurent parmi les propositions clés de son programme.
Depuis 2014, le RN reconduit sa tête de liste
Il est le visage du Rassemblement national pour les Arrageois. Avec 10 % des voix en 2014, et 11 % en 2020, Alban Heusèle est le chef de file de sa liste, en binôme avec une militante du parti de Marine Le Pen, Virginia Boidoux, Arrageoise d’adoption. « On souhaite renforcer la police municipale et développer la vidéoprotection », a indiqué le candidat à la Voix du Nord.
Son programme met l’accent sur la sécurité, la redynamisation de la ville et l’amélioration de l’offre médicale, notamment par la création de deux maisons de santé à Arras Ouest et Arras Sud.
Le binôme de 2020 retente sa chance pour Lutte ouvrière
1,2 % des votes il y a six ans. Défendre le camp des travailleurs, Abmajid Belhadj, 66 ans, et tête de liste Lutte ouvrière, en a fait son leitmotiv. En binôme avec Marie Berthoud, le candidat ne propose pas de programme “spécifique”, cette campagne marque avant tout une opposition au système capitaliste.
Le cœur symbolique d’Arras est-il sur le point de voir un changement politique, ou Frédéric Leturque prolongera-t-il la stabilité établie par seulement quatre maires en 80 ans ?
Solenn Lecat et Kenza Lacheb

