De la gratuité des bus au Varan, ce qu’il faut retenir du débat des candidats à la mairie de Calais

Réindustrialisation, gratuité des transports, stratégie touristique… Les six candidats à la mairie de Calais ont débattu programme contre programme, lundi 9 mars, sur France 3. Ils ont précisé leurs intentions, notamment économiques, pour la ville de 67 000 habitants, et n’ont pas ménagé leurs critiques à l’égard du bilan de la sortante, la maire divers droite Natacha Bouchart, en poste depuis 2008.

Le débat s’est ouvert sur la question économique, un enjeu majeur de la campagne municipale. Comment dynamiser la ville ? Que prévoient les candidats pour attirer des entreprises, créer de l’emploi et réindustrialiser la plus grande ville du Pas-de-Calais ? Cette dernière a connu plusieurs fermetures d’usines, ce qui a entraîné la perte de 400 emplois industriels sur les trois dernières années. Un chiffre qui pèse lourd dans le bilan économique de Natacha Bouchart, la maire sortante divers droite, et que ses adversaires n’ont pas manqué de rappeler.

L’élue, ex-LR, s’est défendue en rappelant les efforts consentis ces dernières années. « Nous avons créé plus de 1 100 emplois » grâce à l’augmentation du nombre d’entreprises (+14 % depuis 2019). « Nous créons plus d’emploi que nous en perdons », a-t-elle insisté. Natacha Bouchart a également mis en lumière la baisse du taux de chômage, qui « était de 17,3 % en 2013, aujourd’hui, nous sommes à 11,4 % », selon les derniers chiffres de l’Insee. Une baisse significative, même si Calais reste nettement au-dessus du niveau national (7,3%).

Une énumération qui n’a pas convaincu ses adversaires, et notamment le candidat du Rassemblement national, Marc de Fleurian. « Il y a une vraie politique industrielle à mettre en place, et c’est probablement la lacune du bilan de madame le maire sortant », a affirmé le député de la circonscription.

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Il a annoncé vouloir mettre en place une « politique active de démarchage des entreprises, de mise à disposition du foncier et d’électrification ». Il propose également « une baisse de la fiscalité, une baisse de la cotisation foncière des entreprises et une baisse du versement mobilité pour favoriser l’embauche ».

Le candidat LFI, Jean-Philippe Lannoy, a également critiqué la stratégie actuelle, « totalement tournée vers le tourisme », et qui a pour conséquence de « tourner le dos à l’industrie ». Il propose un plan de développement des activités productives et industrielles, en partenariat avec les syndicats.

Dragon, pour ou contre ?

Une politique touristique centrée sur la figure du Dragon. Nouvel emblème du front de mer calaisien, cette créature mécanique géante a été dévoilée en 2019, avant d’être rejointe en 2025 par un alter ego, le Varan. Un projet qui visait à changer l’image de la ville, et pour Natacha Bouchart, un pari réussi puisque les retombées sont, selon elle, de quinze millions d’euros par an. Elle a défendu également le fait que ce projet permettait de « maintenir l’activité des restaurants, des hôtels, des brasseries, les jobs d’été ».

Une position loin d’être partagée par tout le monde. « Il ne compensera pas les 400 emplois industriels qui ont été perdus », a martelé le candidat RN, qui souhaite réorienter les ressources municipales vers le patrimoine bâti de la ville, comme l’hôtel de ville ou le vieux fort, lequel « draine plus de visiteurs que le Dragon », dont il a dénoncé le coût : 1,6 million d’euros par an.

Même son de cloche du côté de Jean-Philippe Lannoy qui a qualifié le Dragon « d’échec total parce que ça coûte énormément d’argent public », sans empêcher la fermeture de commerces locaux.

Le Dragon peut malgré tout compter sur un soutien : Romain Debaisieux. Pour le candidat divers gauche, le saurien fait désormais partie du paysage et sera maintenu mais il compte sur une autre idée : la création d’un parc zoologique sous régie municipale.

Parmi tous ces désaccords, un point fait consensus : la gratuité du réseau de bus de la ville. Une mesure prise en décembre 2019, après la crise des « gilets jaunes », l’ensemble du réseau de bus de la ville est gratuit pour tous. Une mesure qui a eu « un effet hyper positif dans les quartiers, pour nos jeunes » selon Natacha Bouchart, qui compte maintenir ce dispositif.

« C’est une excellente chose, il faut saluer cette mesure qui mérite d’être continuée et encouragée », a reconnu Marc de Fleurian. En revanche, le candidat du Rassemblement national veut limiter l’accès à ce dispositif aux habitants et aux touristes, et en exclure les migrants. 

Une proposition qui a fait bondir Jean-Philippe Lannoy : « Une position raciste et ségrégationniste » qu’il a qualifié de « parfaitement illégale, inconstitutionnelle et totalement inhumaine ». Natacha Bouchart a également réagi en questionnant la faisabilité d’une telle mesure.

Ellyn Mainguy

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