Avec 36,5 % des voix, le maire sortant Laurent Degallaix est réélu à la tête de Valenciennes. Mais la victoire est plus étroite que jamais avec seulement 800 voix d’écart, séparant les trois listes.
Dans le hall de la mairie bondé pour l’occasion, où l’ambiance est tendue, le verdict est tombé pour ce second tour très serré à Valenciennes. Laurent Degallaix (Horizons) l’emporte avec 36,5 % des suffrages, devant Luce Troadec (Union de la gauche) à 32,5 % et Tanneguy Adriencense (Rassemblement national) à 30,9 %. À peine 800 voix d’écart entre les trois candidats. Le maire sortant, réélu pour un troisième mandat, a salué « un très beau résultat », estimant que son équipe avait été « seule contre tous » tout au long de la campagne. Ceci avant de disparaître parmi ses partisans pour « profiter du moment », en snobbant les journalistes comme à son habitude depuis cinq ans. Pendant le discours du maire réélu, des opposants ont scandé « Degallaix, du balai », rappelant l’épée de Damoclès judiciaire qui plane sur le maire. Le 30 avril prochain, il doit en effet être jugé pour prise illégale d’intérêt et subordination de témoin.
La gauche se veut une « opposition combattive »
Dans le hall de la mairie, Luce Troadec ne cache pas sa déception. « On a fait une superbe campagne. Mais on a été la cible d’une campagne de dénigrement de la part de la droite et de l’extrême droite absolument scandaleuse la dernière semaine », lâche-t-elle. « Certaines polémiques nationales ont également joué en notre défaveur dans la dernière ligne droite », analyse la candidate de l’union de la gauche. Elle ne mâche pas ses mots sur ce qu’elle perçoit comme un système bien huilé : « Il repasse parce qu’il y a eu des tractations en sous-main. On sait très bien comment ils font, à différents niveaux même si je ne peux pas développer plus. » Malgré la défaite, Luce Troadec affirme vouloir incarner une opposition combattive au conseil municipal, convaincue que « L’espoir, c’est nous. Ce n’est ni la haine du Rassemblement national, ni le macronisme finissant représenté par M. Degallaix ».
Le RN, satisfait malgré la défaite
Dans le camp du Rassemblement national, la défaite est relativisée, et pour cause. Tanneguy Adriencense revendique haut et fort une progression historique : « On a une progression fulgurante du Rassemblement national ici sur le Valenciennois. On a encore gagné mille voix par rapport au premier tour, c’est conséquent. » Le parti passe de deux à six conseillers municipaux, à égalité avec la liste de Luce Troadec, un bond qui lui permet désormais de peser dans les débats de cette nouvelle mandature.
« Ce dont je suis particulièrement contente, c’est que la gauche ne soit pas passée en premier », se réjouit Véronique, militante en 6ème position sur la liste. Et l’objectif est désormais clair pour Tanneguy Adriencense : « Notre travail, ça va être de continuer à travailler auprès des Valenciennois pour préparer l’élection de Marine Le Pen en 2027 et la nôtre à la mairie en 2032. Il ne faut pas avoir peur de le dire. »
Un mandat sous surveillance judiciaire
La victoire de Laurent Degallaix laisse un goût amer à une partie des Valenciennois. Le maire réélu est en effet poursuivi devant le tribunal correctionnel de Lille. Le parquet a requis à son encontre un an de prison avec bracelet électronique ainsi que cinq ans d’inéligibilité. Le jugement est attendu le 30 avril prochain. Dans la foule, la réélection passe mal pour certains. « Le 30 avril, t’auras le bracelet. » a clamé David, 53 ans à l’annonce des résultats. « Je trouve que c’est une honte qu’il soit réélu avec tous ses déboires judiciaires » Si Degallaix venait à être condamné et déclaré inéligible, c’est un autre membre de sa liste qui devrait lui succéder à la mairie, ouvrant potentiellement la voie à des tensions internes au sein la majorité municipale. Un mandat qui pourrait s’annoncer de courte durée.
Quentin Benoist

