Dans un communiqué surprise, les listes de gauche de Pauline Ségard (Verts), Victor Burette (PS) et Farid Oukaïd (liste citoyenne) ont annoncé fusionner pour le second tour, ce lundi. Leurs scores cumulés du premier tour atteignent 26,9 %, alors que Sylvain Estager, le candidat issu de la majorité sortante, est arrivé en première position avec 30,6 % des voix. LFI et son candidat, le député Ugo Bernalicis, sont les grands perdants de cette alliance.
Il y aura un rassemblement de la gauche à Villeneuve-d’Ascq, hors majorité et hors France insoumise. Les trois listes arrivées en quatrième, cinquième et sixième positions ont décidé de fusionner pour briguer la mairie, avec Pauline Ségard, Les Ecologistes, en tête de liste. Farid Oukaïd (liste citoyenne, 6,9 %) et Victor Burette (PS, 8,6 %), qui n’avaient pas obtenu les 10 % nécessaires pour accéder au second tour, seront encore de la partie. Victor Burette prend la deuxième place de la liste et Farid Oukaïd la quatrième. La liste de Pauline Segard avait recueilli 11,4 % des voix dimanche.
Alors que Sylvain Estager semblait en très bonne position pour briguer la mairie, avec ses 30,6 % de voix au premier tour, l’issue du scrutin est désormais moins claire. Le plus grand perdant de cette alliance reste la France insoumise : la liste du député de la deuxième circonscription du Nord Ugo Bernalicis a atteint 17,7 % des voix au premier tour, ce qui constituait déjà une déception notable.
Vers une quadrangulaire
Il y aura très probablement quatre listes au second tour : celle de la majorité sortante menée par Sylvain Estager, celle de Vincent Baledent – seule liste de droite de l’élection – qui a obtenu 23,5 % des suffrages, puis LFI et la nouvelle liste de rassemblement de gauche qui cumule 26,9 % des voix du premier tour. Vincent Baledent a réalisé un score satisfaisant, mais reste esseulé dans cette ville qui a toujours eu un maire de gauche. L’alliance surprise rebat légèrement les cartes, avec trois listes assez proches, mais Sylvain Estager reste favori. « C’est un pari, reconnaît Pauline Ségard. On mise sur une dynamique créée par notre rassemblement. »
Avant le premier tour, elle s’était montrée ouverte à une alliance avec LFI, mais la décision collégiale du mouvement n’a pas inclus le mouvement de gauche radicale. « On a pris cette décision parce que c’était la meilleure manière de rassembler le plus largement possible avec une configuration qui nous semble pouvoir engager une dynamique qui soit gagnante », affirme Pauline Ségard. Victor Burette (PS) s’était opposé, déjà avant le premier tour, à la possibilité d’une alliance avec LFI.
« C’est lamentable » : la colère de LFI
« C’est lamentable, c’est un scandale démocratique, affirme Antoine Marszalek, troisième de la liste LFI. Les Verts se retrouvent avec 11,4 % des voix et on devrait se rallier à eux, alors qu’on est arrivés en tête de la gauche [hors majorité, NDLR] à 17,7 % ? » LFI avait pour exigence de présenter un insoumis en tête de liste.
L’alliance avec la majorité sortante n’a pas été envisagée. « Nous devons tourner la page de l’ère Gérard Caudron [maire pendant 42 ans et cinquième de la liste de Sylvain Estager, NDLR], il est temps d’insuffler un nouvel élan et de relever des défis que la majorité sortante ne nous semble pas en capacité de relever », dit Pauline Ségard. Ces défis ? Garantir l’accès universel à un logement digne et abordable, renforcer les services publics, écologie du quotidien, etc. Ils constitueront la base programmatique de cette nouvelle liste, en train de finir sa profession de foi.
Antoine Marszalek est très critique de l’argumentation des Verts : « Nous sommes la seule alternative viable à gauche contre la Caudronie [en référence à Gérard Caudron, NDLR] : il y a la liste de la majorité sortante menée par Sylvain Estager, et puis cette nouvelle liste [d’union à gauche] qui contient deux adjoints sortants sur les trois leaders », Victor Burette, adjoint à la démocratie participative, et Farid Oukaïd, ancien adjoint aux sports qui a quitté la majorité à la fin de l’année 2025. « Notre premier objectif, c’est de gagner l’élection, avance Antoine Marszalek, mais notre deuxième objectif, c’est de leur faire payer dans les urnes leur traîtrise et leur manque de parole. » Les espoirs de mairie des Insoumis semblent désormais loin.
Oscar Leroy

