Dimanche, la rédaction de La Bataille des beffrois a suivi le premier tour des élections municipales dans 24 communes stratégiques du Nord-Pas-de-Calais. Retour en infographie sur les résultats.
Poussée de La France insoumise (LFI), villes tombées à l’extrême droite, fiefs de gauche ou de droite qui tiennent bon… Dimanche, nous vous offrions une couverture en direct de la soirée électorale grâce à nos journalistes sur le terrain ou animant notre site.
Villeneuve-d’Ascq : quadrangulaire dominée par les héritiers du maire sortant, LFI isolée à gauche
Après quarante ans de règne de Gérard Caudron, élu depuis 1977, la course à l’hôtel de ville de Villeneuve-d’Ascq est plus ouverte que jamais. Elle voit s’affronter quatre listes menées par des adjoints et ex-adjoints du maire sortant.
Du premier tour ont émergé deux favoris. En tête, le divers gauche Sylvain Estager. L’adjoint aux finances, qui compte l’ancien maire sur sa liste électorale, a récolté 30 % des voix.
Juste derrière, Vincent Baledent, ancien adjoint à l’urbanisme, classé divers droite, récolte 23 % des voix.
En troisième position avec 17 % de voix, le député insoumis Ugo Bernalicis, moins chanceux que son collègue David Guiraud à Roubaix.
Enfin, l’écologiste Pauline Ségard est la dernière à s’être qualifiée pour le second tour avec 11 % des voix. Au lendemain du premier tour, elle a annoncé fusionner sa liste avec celles en quatrième et cinquième position, représentant 26,9 % des suffrages cumulées du premier tour. Les « repêchés » sont Victor Burette, adjoint à la démocratie participative, soutenu par le Parti socialiste (8 %) et Farid Oukaid (liste citoyenne, 7 %), qui n’étaient pas qualifiés au deuxième tour, mais pouvaient fusionner.
Dans la quadrangulaire pour la succession de Gérard Caudron, il y a toujours trois listes de gauche et quatre héritiers en lice.
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Cambrai : triangulaire entre héritiers de droite et le Rassemblement national
À Cambrai, la bataille de succession continue dans un second tour exclusivement à droite. Le décès du maire historique, François-Xavier Villain, en avril 2025, avait ainsi mis fin à 33 ans de mandats. Et sa remplaçante, Marie-Anne Delevallée, avait choisi de ne pas se représenter.
À l’issue du premier tour, ce sont les deux listes divers droite, issues de la majorité sortante, qui font la course en tête. L’avantage est donné à Éric François, ancien directeur de cabinet du maire, avec 35,7 % des voix.
Son principal opposant, Nicolas Siegler, 45 ans, l’actuel président de l’agglomération de Cambrai et vice-président du Département du Nord, a recueilli 32,6 % des voix.
Si la victoire devrait se jouer entre ces deux favoris, le second tour sera une triangulaire complétée par la liste de Stéphane Maurice, candidat du Rassemblement national (RN), qui a rassemblé 24,8 % des voix. La seule liste de gauche qui se présentait, celle de Benoît Maréchal, n’a rassemblé que 7 % des voix.
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Denain : la maire de gauche résiste au RN
On l’estimait favorite, mais également menacée par le RN. La maire sortante Anne-Lise Dufour-Tonini (Parti socialiste, PS) a finalement été réélue avec 62 % des suffrages dès le premier tour, et repart donc pour un nouveau mandat, après 15 ans passés à la tête de la ville.
Loin devant les 24,7 % du candidat et sénateur RN Joshua Hochart, qui n’a pas réussi à réunir autant de voix que le député Sébastien Chenu (30 %) lors des municipales de 2020.
Déjà constitué, le conseil municipal est complété par Youssouf Feddal et Camellia Messaoui. Avec 10,7 % pour leur liste, le tandem classé à l’extrême gauche s’est octroyé deux sièges au sein de l’instance.
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Douai : le maire sortant derrière le RN dans une quadrangulaire
Au sortir du premier tour, les possibilités de réélection du maire sortant semblent plus que jamais précaires.
En tête, le député Rassemblement national de la circonscription, Thierry Tesson, a obtenu 29,7 % des voix.
Le maire sortant étiqueté PS, Frédéric Chéreau, arrive en seconde position avec 26 % des voix. Il avait déjà été battu aux législatives 2024, bien qu’il soit arrivé en tête dans sa commune. Il a noué dans l’entre-deux-tours une alliance avec François Guiffard, crédité de 13,6 % des voix au premier tour.
La liste divers droite de l’élue d’opposition Coline Craeye, forte de 19 % des voix, a annoncé qu’elle maintenait sa candidature pour le second tour.
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Dunkerque : l’alliance du maire sortant bat son propre record
Il était donné favori, il a fait encore mieux : le maire sortant de Dunkerque est élu pour la troisième fois consécutive avec 64,4 % des voix. À la tête d’une coalition divers centre allant des Républicains aux communistes, il signe un record historique pour la commune, dont il était lui-même le détenteur après sa victoire en 2020.
À la seconde place, Adrien Nave, le candidat désinvesti par le RN après l’inscription d’un membre de l’Action française sur sa liste, a réuni 21,2 % des suffrages.
L’opposition de gauche doit elle se contenter de trois élus au conseil municipal. Deux pour la liste de l’écologiste Nicolas Fournier (7 %) et un pour la liste LFI de Damien Lacroix (5 %).
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Faches-Thumesnil : une triangulaire et une centaine de voix
Le résultat de l’élection de la ville du sud de la Métropole européenne de Lille (MEL) est très scruté au niveau national. La plus grande mairie dirigée par un insoumis (jusqu’à la victoire de LFI à Saint-Denis), Patrick Proisy, candidat à sa propre succession, a récolté 39,9 % des voix, le plaçant deuxième du premier tour.
Il est distancé – de peu, 134 voix très exactement – par la liste divers droite de Brice Lauret, candidat Les Républicains (LR) aux législatives 2024, qui a obtenu 42 % des voix.
À la tête d’une liste citoyenne, Jean-Marc Levillain, le troisième homme du scrutin, reste dans la course. Qualifié au second tour avec 18 % des voix, il a annoncé maintenir sa candidature, confirmant la triangulaire.
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Lille : la quinquangulaire devenue quadrangulaire
Dans la capitale des Flandres, la guerre des gauches s’est muée en guerre d’alliances dans l’entre-deux-tours.
C’est Arnaud Deslandes, le maire sortant à la tête d’une liste d’union de la gauche, qui est arrivé en tête du premier tour avec avec 26,2 % des voix.
Juste derrière à 23 %, Lahouaria Addouche, la candidate LFI, se présentait comme sa principale rivale. Troisième, l’écologiste Stéphane Baly, 17,7 % se retrouvait ainsi autant perdant de la « bataille des gauches » que faiseur de roi.
Celui qui se rêvait encore premier il y a peu aura finalement choisi de rejoindre Arnaud Deslandes au second tour.
Mais derrière les près de 70 % de voix cumulées pour les partis de gauche au premier tour, il ne faut pas oublier les autres prétendants de cette quinquangulaire devenue quadragulaire. La députée macroniste Violette Spillebout (11,1 %) et le député européen RN Mathieu Valet (10,9 %) se sont ainsi tous les deux qualifiés pour le second tour.
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Maubeuge : l’héritier conserve sa place
Une fois de plus, Maubeuge sera dirigée par la famille Decagny. A la tête d’une liste divers droite, le maire sortant Arnaud Decagny a été élu dès le premier tour, obtenant tout juste plus de 50 % des suffrages exprimés. Une victoire lui octroyant un troisième mandat, un de plus que Jean-Claude Decagny, maire de la ville de1984 à 1989 puis de 1995 à 2001.
En deuxième position, on retrouve l’autre divers droite du scrutin, Jean-Pierre Rombeaut, avec 26 % des voix. Améliorant sa performance par rapport à sa troisième place en 2020 et sa quatrième place en 2014, il échoue encore à s’imposer.
À gauche, c’est la liste de La France insoumise qui arrive en tête, récoltant 14 % des suffrages et deux sièges au conseil municipal.
La cheffe de file de l’opposition locale divers gauche, Sophie Villette, ne parvient quant à elle qu’à obtenir un seul siège avec 6 % des voix.
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Roubaix : LFI caracole en tête d’une quadrangulaire
Dans la course à la succession de l’ancien maire inéligible, Guillaume Delbar, c’est le candidat LFI, David Guiraud, qui mène la danse de la quadrangulaire du second tour.
Avec 46 % des suffrages, le député insoumis creuse l’écart avec son premier poursuivant, le maire sortant Alexandre Garcin. Le divers droite, qui occupe le siège depuis décembre 2025, se qualifie avec 20 % des voix.
Le casting du second tour est complété par le leader de l’opposition de gauche sortant, Karim Amrouni (16 %) et la candidate RN Céline Sayah (12 %), qui ne souhaite pas s’allier avec le candidat de droite au second tour.
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Saint-Amand-les-Eaux : Fabien Roussel a su surnager
Fabien Roussel a été réélu dès le premier tour dans son fief, avec 51 % des suffrages exprimés. Le maire communiste s’est réjoui d’une participation dans sa commune supérieure à la moyenne nationale, mais également de la possibilité d’un débat apaisé avec les deux autres candidats de l’élection, Éric Castelain, soutenu par le RN, et Éric Renaud, ex-communiste dissident. À l’issue des dépouillements, l’abstention s’élevait à 41,7 %.
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Tourcoing : la dauphine de Gérald Darmanin en tête d’une triangulaire
Doriane Bécue, tête de liste divers droite et soutenue par Gérald Darmanin, est largement en tête du premier tour, avec 47, 3 % des voix. Loin néanmoins du triomphe de l’actuel Garde des sceaux, qui avait été élu dès le premier tour en 2020, avec 61 % des suffrages exprimés.
Elle affrontera au second tour Bastien Verbrugghe, candidat RN, et Emilie Cröes, candidate LFI, arrivés respectivement en deuxième et troisième position avec environ 18 % et 16 % des voix. L’insoumise n’a pas fusionné avec les autres listes de gauche non qualifiées au second tour.
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Valenciennes : la gauche isolée dans une quadrangulaire
Ce sera une quadrangulaire inédite à Valenciennes au second tour de ces élections.
Le maire sortant Laurent Degallaix (divers droite) affrontera le candidat RN Tanneguy Andriencense, la candidate de gauche Luce Troadec et l’autre candidate divers droite Isabelle Desoil au second tour.
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Wattrelos : le maire en ballottage dans une triangulaire historique
Pour la première fois depuis 30 ans, la mairie de Wattrelos va se jouer au second tour. La liste divers gauche, portée par le maire sortant Dominique Baert, a récolté 44 % des voix au premier tour. Il se hisse donc devant le Rassemblement national et ses 36,7 %. Élu depuis 2001, le maire sortant distance donc de peu l’extrême droite, et remet son siège en jeu au second tour. Troisième qualifié de la triangulaire avec 16 % des voix, la liste LFI de Thierry Duel continuera de faire cavalier seul le 22 mars.
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Arras : le maire sortant réélu, le RN deuxième et la gauche morcelée
Le maire de la commune depuis 2011, Frédéric Leturque (Les Centristes), est réélu au premier tour comme en 2020, avec 61 % des voix. La liste du Rassemblement national emmenée par Alban Heusèle se place deuxième avec 20 % des voix, emportant quatre sièges. La liste regroupant socialistes et écologistes termine troisième avec 11 % des voix et trois sièges, tandis que la France insoumise récolte le dernier siège avec 5 % des voix.
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Béthune : le maire centriste Olivier Gacquerre réélu
Olivier Gacquerre rempile pour un second mandat, avec 65 % des voix. Sa liste Union des démocrates et des indépendants distance largement le RN, qui remporte tout de même 25 % des suffrages. Les listes divers gauche (6 %) et Les Écologistes (4 %) terminent en bas du classement
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Boulogne-sur-Mer : le baron de gauche Frédéric Cuvillier se maintient
Le maire sortant Frédéric Cuvillier (PS) est réélu dès le premier tour. Il rempile pour un cinquième mandat, avec 53,9 % des voix. La tête de liste du Rassemblement national, le député Antoine Golliot, arrive deuxième du scrutin, avec 32,8 % des suffrages, tandis que la liste divers gauche de Baptiste Legrand récolte 13,2 %.
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Bruay-la-Buissière : l’union de la gauche n’a pas fait tomber le maire RN
C’est un vote à sens unique, sans aucun doute. Les électeurs de Bruay-la-Buissière ont largement réélu le maire sortant, Ludovic Pajot, avec 81,4 % des voix. Il s’agissait de la deuxième ville du bassin minier emportée par le Rassemblement national en 2020, après Hénin-Beaumont.
La seule liste d’opposition, celle de Samuel Courtin (divers gauche), n’a obtenu que 18,6 % des voix. Dans le secteur, le Rassemblement national continue de convaincre puisque cinq nouvelles mairies du bassin minier passent à l’extrême droite.
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Calais : Natacha Bouchart réélue dès le premier tour
Pas de second tour à Calais. Récoltant 60 % au premier tour, la maire Natacha Bouchart est réélue pour un quatrième mandat consécutif.
Marc de Fleurian (RN) prendra la tête du premier groupe d’opposition. Il a remporté 27 % des voix. Avec 5 % des voix, la liste LFI complète le conseil municipal.
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Carvin : triangulaire inédite pour le maire sortant
Pour la seconde fois en 25 ans, le maire sortant, Philippe Kemel, doit passer par une deuxième manche électorale. Et pour la première fois en cinq scrutins, ce sera une triangulaire. L’édile socialiste, qui mène le premier tour avec 49 % des voix, affrontera ainsi les mêmes listes au second tour.
Son premier concurrent, le candidat RN, Arnaud de Rigné, arrive en deuxième position avec 40 % des suffrages. L’attaché parlementaire de Marine Le Pen améliore ainsi son score de 2020, où il avait obtenu 29 % des voix.
Enfin, Laurent Dernoncourt (divers gauche), à la tête d’une liste « éco-citoyenne », qualifié de justesse au second tour avec à peine 10 % des voix, a annoncé maintenir sa candidature.
Hénin-Beaumont : le RN conserve son bastion
Personne n’aura vaincu « l’Everest politique » du bassin minier. Le maire sortant Steeve Briois (RN) a remporté 78,2 % des suffrages au premier tour, actant ainsi sa réélection. L’édile ne cède pas un siège de plus à ses opposants de gauche au conseil municipal, et parvient même à leur en reprendre un. La candidate divers gauche Inès Taourit remporte 18,9 % des suffrages, soit trois sièges (un de moins que Marine Tondelier en 2020).
Steeve Briois avait été élu pour la première fois en 2014, profitant du scandale entourant l’ancien maire socialiste Gérard Dalongeville, condamné à quatre ans de prison, dont trois ferme, pour détournements de fonds publics en 2013.
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Lens : le maire sortant tout juste réélu face au RN
Le bastion de gauche aura finalement tenu. Sylvain Robert, le maire sortant socialiste, a été réélu dès le premier tour à Lens. Une victoire sur le fil, tout juste au-dessus de 50 %, obtenue avec moins de 500 voix d’écart par rapport à la liste RN menée par le député Bruno Clavet. Ce dernier a réuni 46 % des voix et obtient neuf des 39 sièges au conseil municipal de Lens.
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Avesne-sur-Helpe : le sortant largement réélu
Le maire sortant Sébastien Seguin (divers droite) a été réélu avec 83 % des voix pour un second mandat. Face à son principal opposant, Philippe Le Fur (divers), 16 % des voix, l’édile avait mené campagne sur la problématique de la sécurité, prévoyant notamment le renforcement de la police municipale.
Avion : le maire communiste réélu
Le maire sortant Jean Létoquart rempile pour un second mandat, avec 67 % des voix avec sa liste d’union de la gauche. En plus des membres du Parti communiste français où le maire était historiquement encarté, sa liste rassemble des socialistes, des écologistes, ainsi que des membres de la société civile.
Contrairement à 2020 où la liste de son prédécesseur communiste, Jean-Marc Tellier, était seule en lice, 2026 l’a vu faire face à une liste RN et une liste LFI. La première, dirigée par Joël Bernard, est créditée de 25 % des voix et quatre sièges, tandis que la liste LFI d’Hassan Mammadi obtient 7 % des voix et un siège.
Liévin : duel gauche contre extrême droite
Dans la commune du bassin minier, c’est la liste d’union des gauches portée par Jérôme Darras, sénateur socialiste, qui se hisse en première position du scrutin avec 43,6 % des voix.
Sur ses talons : la liste du Rassemblement national, portée par Dany Paiva, qui récolte 38,4 % des votes.
Enfin, Hervé Laurent (divers gauche), qui s’est assuré une place au second tour avec 15 % des suffrages, a décidé de se retirer sans donner de consignes de vote à ses électeurs.

