Les habitants des communes associées de Lomme et Hellemmes ont voté deux fois le 15 mars : une pour choisir leur maire, une pour choisir le maire de Lille. Historiquement dominé par le PS, le scrutin dans les communes associées a permis de conforter les socialistes dimanche, mais s’est traduit par une percée inattendue de la France insoumise.
On l’a lu partout : au premier tour des élections municipales, dimanche soir, le socialiste Arnaud Deslandes est arrivé en tête à Lille, avec 26,3 % des voix, devant l’insoumise Lahouaria Addouche, 23,4 %. Mais la réalité est un peu plus complexe. Les résultats du scrutin lillois sont le fruit du vote des électeurs de trois communes associées, Lille, Lomme et Hellemmes. Autrefois, c’était simple : les trois votaient socialistes, assurant la victoire de figures PS telles que Pierre Mauroy ou Martine Aubry. La règle a commencé à se craqueler en 2020. A l’époque, Martine Aubry, la maire sortante, avait été battue à Lille et à Hellemmes. Mais sa large avance à Lomme lui avait permis de sauver son fauteuil. Six ans plus tard, les résultats du scrutin dans les trois villes sœurs ont-ils continué à diverger ? Réponse : en partie.
Lors du premier tour, la commune associée d’Hellemmes a voté majoritairement pour la candidate LFI Lahouaria Addouche, avec 25,6 % des voix contre 22,9 % pour Arnaud Deslandes (PS), faisant de la ville un réservoir de voix indispensable pour le parti insoumis briguant la mairie de Lille. Stéphane Baly, le candidat Les Écologistes, a quant à lui obtenu 18,9 % des voix de la commune de 17 500 habitants.
Lomme, en revanche, est restée fidèle à sa réputation de bastion socialiste. Arnaud Deslandes y est arrivé sans surprise en tête, très haut dans le scrutin du premier tour avec 30,8 % des voix. Son dauphin, le Rassemblement national Matthieu Valet, 19,5 %, incarne une autre spécificité lommoise : la bonne implantation du RN. La liste LFI n’est arrivée que troisième dans la commune de 28 000 habitants, avec 13,9 % des voix.
A Lille même, le candidat socialiste est parvenu à s’imposer, contrairement à Martine Aubry en 2020. Mais d’un cheveu seulement. Arnaud Deslandes y a convaincu 25,8 % des votants, contre 24,9 % à Lahouaria Addouche, et 18,5 % à Stéphane Baly, dernier du tiercé.
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Le vote d’Hellemmes et de Lomme pour leur mairie
Mais dans les deux communes, on votait aussi pour choisir son propre maire. À Hellemmes, le sortant Franck Gherbi (PS) a terminé en tête du scrutin avec 29,4 % des voix, sans prendre de marge considérable sur son poursuivant, Lucas Fournier (LFI), crédité d’un score de 26,4 %. Derrière, l’écologiste Simon Jamelin, qui croyait en ses chances de l’emporter, n’a réuni que 17,9 % des voix. Le conseiller départemental a annoncé ce mardi après-midi se retirer de la course, laissant un scrutin plus qu’incertain pour dimanche.
Pour la mairie de Lomme, il n’y aura pas de second tour : le maire sortant Olivier Caremelle (PS) a été réélu avec 50,2 % des voix, dès le premier tour. En deuxième position, Michel Bequembois, le candidat RN, a remporté 14,5 % des voix. Le candidat sans étiquette, Lucas Wacrenier, est quant à lui arrivé troisième avec 11,1 %. Contrairement à Hellemmes, Lomme a retrogradé la liste LFI de Patrick Kolebacki en quatrième position.
Claire Fieux

