Le maire sortant de Dunkerque, Patrice Vergriete, a été réélu dès le premier tour avec 64,5 % des voix à la tête d’une liste de très large rassemblement, du PCF à LR. Une victoire historique dans la commune, où aucun candidat n’a jamais atteint un tel score. L’opposition se dit satisfaite de placer plusieurs élus au sein du conseil municipal, alors que le candidat d’extrême droite (désinvesti par le RN) n’a pas manqué d’attaquer le maire sortant à l’annonce des résultats.
C’est une victoire à l’allure de formalité pour le maire sortant de Dunkerque, Patrice Vergriete. Les yeux embués de larmes, l’édile, à la tête d’une coalition allant des Républicains au Parti communiste, peut savourer sa victoire : il vient d’être réélu pour la troisième fois consécutive au pied du beffroi, avec 64,5 % des voix. Un record historique pour la commune, dont il était lui-même le détenteur après sa victoire en 2020.
« Cette ville, je l’ai dans la peau »
« Cette ville, je l’ai dans la peau », sourit le Dunkerquois d’origine, devant ses soutiens réunis dans la salle Jean-Bart de l’hôtel de ville. Acclamé à de nombreuses reprises à l’annonce des résultats, Patrice Vergriete a tenu avant tout à saluer les membres de son équipe, qui ont mené une campagne « digne » et « propre ». La réélection de l’ancien ministre délégué chargé des Transports et du Logement était attendue par de nombreux habitants, comme Patrick Nonney : « Il n’y aura pas de second tour », pariait-il, quelques minutes avant l’annonce des résultats.
Une opposition d’extrême-droite en colère
A la seconde place, l’ex-candidat du Rassemblement national, Adrien Nave, a réuni 21,24 % des suffrages. « Je ne vous cache pas ma déception, ce résultat n’est pas à la hauteur de mes attentes », déclarait-il devant ses soutiens. Même perdant, le candidat, qui s’est fait désinvestir par la direction du parti après avoir inscrit un membre de l’Action française (un mouvement nationaliste d’extrême droite) sur sa liste, n’a pas hésité à attaquer Patrice Vergriete, qu’il accuse de n’avoir « rien fait pendant 5 ans. »
« Jeter les bases d’une nouvelle pluralité à Dunkerque »
A gauche, même déception : le candidat Les Écologistes, Nicolas Fournier, croisé au détour d’un bureau de vote quelques heures avant les résultats, déclarait vouloir « forcer la tenue d’un second tour. » Il n’a finalement réuni que 7,1 % des suffrages, arrivant en troisième position. Mais en plaçant deux membres de sa liste citoyenne et écologiste au conseil municipal, l’archiviste espère porter les convictions écologiques dans les décisions prises par la municipalité, et surtout « jeter les bases d’une nouvelle pluralité à Dunkerque. »
Première présence au conseil municipal pour La France insoumise
Même constat pour Damien Lacroix, candidat La France insoumise, qui place pour la première fois un membre du parti au conseil municipal de Dunkerque : « C’était notre principal objectif, et nous l’avons rempli », salue-t-il devant ses soutiens réunis au Kilimanjaro, un bar de la commune. Il compte maintenant défendre « les plus précaires, les plus isolés et les plus discriminés » au sein du conseil, dénonçant la fausse opposition de l’extrême droite. Une politique dont le but est clairement assumé par Damien Lacroix : « Convaincre les classes populaires de notre engagement, pour qu’elles se déplacent en notre faveur lors des prochaines élections. »
Séverin Lahaye

