Six ans après s’être emparé de Bruay-la-Buissière, le Rassemblement national espère conserver le pouvoir dans cet ancien bastion socialiste. L’ex-député d’extrême droite de la 10e circonscription du Pas-de-Calais, Ludovic Pajot brigue un second mandat. La gauche, divisée en 2020, s’est cette fois-ci unie autour de la candidature de Samuel Courtin.
Stop ou encore ? Les élections municipales du 15 et 22 mars s’apparentent à un véritable référendum pour ou contre le Rassemblement national à Bruay-la-Buissière.
Tombée dans l’escarcelle du RN lors du scrutin en 2020, l’ancienne cité minière est historiquement un bastion du socialisme. Avec une dizaine de maires PS qui se sont succédés à la tête de la commune de 21 000 habitants entre 1947 et 2020.
Bruay-la-Buissière, la seconde ville phare du RN dans la région
Mais en pleine crise sanitaire, Bruay-la-Buissière cède aux sirènes du RN et porte au pouvoir le député de la 10e circonscription du Pas-de-Calais Ludovic Pajot. Un coup dur pour une gauche locale divisée et surprise au second tour. Le parti à la flamme, lui, poursuit son implantation dans la région et s’empare d’une seconde ville majeure dans le Pas-de-Calais, après Hénin-Beaumont.
Lors de cette première mandature du RN à Bruay-la-Buissière, Ludovic Pajot parvient à mettre en place les mesures phares de son programme : la création d’une police municipale et la réhabilitation du centre-ville de la commune. Pour son second mandat, l’ancien benjamin de l’Assemblée nationale ambitionne de rénover la piscine de la commune.
Ces actions entreprises, entre 2020 et 2026, ont convaincu les Bruaysiens et les Labuissièrois de voter à nouveau pour le Rassemblement national. En 2024, lors des européennes la liste de Jordan Bardella cumule 65 % des voix. Et lors des législatives qui suivent le candidat RN fait encore mieux en récoltant 66 % des suffrages. Une dynamique qui permet à Ludovic Pajot de s’avancer avec le statut d’immense favori à la veille des élections municipales de ce dimanche 15 mars.
Le PS, parti historique de Bruay-la-Buissière a vu son électorat s’évaporer. L’ensemble des listes de gauche n’avait récolté que 15 % des suffrages durant les élections européennes, il y a deux ans.
Une liste citoyenne de gauche contre le RN
Pour lutter contre cet ancrage territorial et éviter de disparaître, la gauche s’est unie autour d’une seule candidature : celle de l’ancien infirmier Samuel Courtin et sa liste citoyenne. Si la victoire et même la qualification au second tour semblent très hypothétiques, le jeune homme souhaite surtout recréer un vrai groupe d’opposition contre le RN.

La tête de liste reproche, entre autres, à Ludovic Pajot d’avoir retiré à la ville certains éléments essentiels comme le Sivom (Syndicat intercommunal à vocation multiple) chargé entre autres de la collecte et du traitement des ordures ménagères, de la création et de l’entretien de voirie ou des équipements sportifs. Il l’accuse également d’avoir délaissé la culture. Mais c’est surtout l’absence de débat qui dérange. « Les décisions ne sont pas prises avec la population, on l’a vu à plusieurs reprises : Je ne suis pas d’accord avec la façon de faire et les méthodes », affirme Samuel Courtin auprès de l’hebdomadaire régional L’Abeille de la ternoise.
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Si la gauche arrive en ordre de marche, il n’y aura pas d’autres candidatures. Contrairement à 2020, où quatre listes étaient sur la ligne de départ, seulement deux seront présentes en 2026. Cela profitera-t-il au RN ou au contraire les reports de voix iront-ils vers la liste de Samuel Courtin ?
Yohan Mouchon

